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 Throwback to school

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avatar : Alycia Debnam Carey
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MessageSujet: Throwback to school   Sam 3 Mar - 20:17

Herffernan
Kyle
Fake

Reeves
Swann
Real

Throw back to school.


Quelle sensation étrange, que d'entrer dans une cour de récréation que l'on n'avait jamais connu vide. Ouvrir le portail elle même était tout aussi bizarre, Swann avait imaginé qu'il serait plus lourd contre sa main, alors qu'elle se souvenait encore des surveillants qui s'en chargeaient pour l'arrivée des élèves. Elle avançait donc, ses yeux ne savant où s'arrêter dans ce lieu nostalgique. Dire que son ami avait décidé de rester ici... Drôle de décision. Les bancs semblaient toujours aussi durs, les casiers aussi austères et l'entrée du bâtiment aussi monotone. Il n'y avait qu'eux qui avaient changé, et qui dans ce lycée ne semblaient plus les mêmes. Le bruits de ces petits talons sur le sol ne faisait que de le lui rappeler, puisque adolescente elle n'avait porté que des baskets. En réalité, encore aujourd'hui. Une telle gaffeuse comme elle finissait toujours un bout de chaussure coincé dans une plaque d'égout ou encore trébuchait dans le vide. Sauf que ce jour n'était pas comme les autres. Sans s'arrêter, la tête haute elle traversa le hall. Oui, aujourd'hui, elle se sentait ragaillardie et confiante. La simple idée de le revoir l'empêchait de voir le ciel gris, ou d'anticiper la rencontre avec des lycéens pas toujours attentifs. Ne venait-elle de toute manière pas en terrain conquis? Forcément apprécié, si leur professeur la présentait en amie, elle ne devrait rencontré aucun souci.

Un léger sourire aux lèvres à l'idée de le revoir, de son sac elle sortit de son sac un désinfectant pour ses mains qui venaient de rencontrer trop de poignées déjà tripotées. Elle en profita pour déplisser sa jupe blanche, et enlever une poussière de son petit haut bleu marine. Puis à cause de la chaleur étouffante et peut-être un léger début de stress, Swann enleva son long manteau noir, qu'elle ne mettait pas bien souvent. Habituellement, elle ne faisait pas autant d'efforts vestimentaires, même quand elle allait voir celui pour qui son cœur ne s'emballait que trop. Mais, à l'idée de venir sur son lieu de travail et de rencontrer les collègues de celui qui lui plaisait tant... rien qu'en effleurant l'hypothèse de lui faire honte, elle préféra jouer la carte de la jeune femme classe. Question de sûreté. En passant devant le mur des miroirs juste devant la salle des professeurs, elle ne put s'empêcher d'inspecter les détails de son apparence. Tout devait être parfait. Sinon, elle ne serait jamais capable de faire face à la situation. Bien que professeur elle aussi, ses cours pour elle étaient bien moins importants que ceux de Kyle. Lui, il changeait le destin de jeunes un peu perdus, leur apprenant malgré la complexité et la difficulté des calculs abracadabrants. Il leur donnait goût en une matière souvent connotée déplaisante, changeant peut-être leurs préjugés et vœu de carrières. Non, clairement Swann à côté ce qu'elle faisait n'était pas grand-chose.

Arrangeant une dernière fois ses cheveux, elle remarqua dans le reflet ce qui toujours lui avait été interdit : la machine à cafés des enseignants. Une discussion lui revenait en mémoire, celle où Kyle lui vantait le délice du café chocolat noir de cette foutue machine. Comme quoi il n'en avait jamais gouté d'aussi excellent. Vulgaire taquinerie ou amusante vérité, cette fois ci l'ange déchu ne résistera pas au fruit qui ne lui est plus défendu. Après s'en être approchée, et avoir glissé deux pièces dans la machine, elle remarqua que cette divine machine était marquée par les démons. Ou dans d'autres termes, pleines de tâches. Infamie ! Un regard sur l'horloge lui indiqua qu'elle avait le temps de se charger de ça, l'heure fatidique n'étant que dans 12 minutes. Mélange conceptuelle entre une femme de ménage et Mary Poppins, dans sa main apparu une éponge avec du produit, et là voilà désormais en train d'astiquer pour rendre à son monde parfait sa propreté. Tant pis, les chocolats seront froids, elle espérait simplement que Kyle aimerait quand même l'intention.

-"Mademoiselle Reeves ! Que plaisir de vous revoir!"  

En réponse à cette joyeuse exclamation, la jeune femme poussa un cri de surprise particulièrement aigu en se retournant brusquement. Nettoyer n'était pas tellement une activité illégale, mais prise sur le fait dans ce qui autrefois aurait été une transgression au règlement en étant si proche du producteur d'énergie des enseignants, elle avait quelque peu surréagi. Les joues rouges comme une enfant prise la main dans la boîte de bonbons, Swann ne savait plus où se mettre.

-"Monsieur Abberton ! Oh, je suis confuse. Hum... Moi même je-"

A cet instant, elle sentit un liquide tiédasse couler le long de sa jambe. Non, il ne s'agissait pas d'un mauvais remake de Callie, son cadeau menstruel ou dieu sait quoi. Pourtant, c'était à peu près aussi terrible pour la jeune femme, et toute l'horreur de l'action précédente défilait maintenant dans sa tête. Tournant la tête sans même chercher à terminer sa phrase d'une quelconque manière, elle remarqua que le bas de sa jupe blanche était maintenant bien plus sombre qu'à l'origine, marronnatre et poisseux. Sale en l'occurrence. Sali. Tâché. Imparfait. Sa respiration devint rapide, alors que son cœur commençait à battre subtilement plus vite dans sa poitrine. Et elle n'avait pas encore vu le sourire de Kyle ! Le directeur ne sembla pas s'en rendre compte, alors qu'il constata lui aussi l'étendu des dégâts.

-"Je ne voulais pas vous faire peur, j'en suis désolé. Enfin, dîtes vous au moins que vous sentirez le chocolat ahah..."

Sourcils froncés, ses yeux passèrent de sa jupe à l'air amusé de l'homme face à elle. Le pire était qu'elle ne pouvait pas être en colère contre lui, c'était de sa faute, pas de la sienne. Sa blague partait aussi d'une bonne attention, de la part d'un gentil optimiste qui avait sans doute oublié le petit post-it accroché à son ancienne feuille de lycéenne -Atteinte de tocs-. Alors, malgré la situation catastrophique, la jeune femme tenta un sourire avant d'expliquer qu'elle allait voir pour arranger ça dans les toilettes. Si il n'y avait pas des yeux sur elle, sans une once d'hésitation, Swann aurait couru jusqu'au lavabo en renversant tout sur son passage -sans doute surtout elle même.

Quand elle atteint son but après une marche ayant l'air presque normale, la jeune femme laissa apparaître toute la peur sur son visage. Car il s'agissait bien d'effroi, un sentiment viscéral qui la prenait aux tripes, lui crachant sa crasse au visage, lui rappelant des tâches passées qui n'avait pu être effacées. Ses mains tremblantes entourèrent sa jupe avant qu'elle ne l'enlève d'un coup sec. La mettant directement sous l'eau chaude, d'abord de ses ongles elle grata. Le souffle court, c'était comme si elle n'était plus elle-même. En même temps, elle avait l'impression de voir plus de saletés que de blancheur. Dans un élan de lucidité, elle sortit un produit de sac qui n'était plein que de ça de toute manière. Frottant toujours aussi frénétiquement, l'ennemi changeait peu à peu de couleurs. Chanceuse, personne n'entra dans les toilettes pour rencontrer une folle en culotte en train de foutre de l'eau partout autour d'elle avec son visage figé. Folle, oui, elle était folle. Ce n'était qu'une tâche.

-"Putain. Putain de merde même !"

Détrompez vous, d'un naturel poli, l'enseignante en art ne prononce pas souvent d'insultes. Mais de sa bouche courtoise et élégante, elles ressortent encore plus violentes et désespérées. Comme actuellement. En plus, alors que la tâche se voyait de moins en moins, elle réalisait peu à peu le bazar qu'elle avait mis... c'est pourquoi, en laissant sa jupe sécher sur un autre lavabo, elle ressorti son éponge pour récurer l'évier qu'elle avait utilisé. En utilisant un peu trop de papier toilettes pour essuyer plus ou moins le sol trempé. Elle le faisait à la fois pour ses tocs, ainsi que pour les femmes de ménage. Déjà lycéenne elle les plaignait vu la qualité de la propreté des sanitaires, elle ne voulait pas devenir une qui en rajoutait une couche. D'ailleurs, elle regretta de ne pas pouvoir s'occuper des tâches de chocolat près de la machine, alors qu'elle retrouvait peu à peu son calme. La situation était simple, avec un peu de courage elle devrait s'en sortir. Premièrement, remettre la jupe mouillé, et mettre autour de sa taille une petite veste qu'elle avait bien fait d'emmener au préalable. Deuxièmement, fuir sans se retourner, en envoyant un sms à Kyle et au directeur pour expliquer qu'elle ne se sentait pas bien. De là, lancer le programme le plus efficace de sa machine pour sa pauvre jupe, et simplement se poser devant une petite série télévisée et de la glace, en se maudissant pour avoir loupé une si belle occasion d'impression le garçon qu'elle aimait.

Le plan était parfait. Organisé. Complet. A la fin de la première étape, Swann s'efforça d'ignorer cette sensation d'humidité sale qui lui collait à la peau, dans les deux sens du terme. Inspirant un bon coup, elle quitta son petit asile de paix qu'avait été les WC en empoignant la poignée. Elle avait presque oublié le directeur qui l'attendait patiemment depuis près de 10 minutes, seul et abandonné devant la porte. Il lui aurait presque arraché un cri, mais pas deux fois, elle avait retenu la leçon.

-"Vous avez pris votre temps dites moi! Dépêchons, je vais vous emmener à la salle. J'espère que vous allez attirer plein de nos élèves dans vos classes vous savez. J'ai déjà quelques contacts intéressés, et impatients de vous écouter !"

Sa main se posa amicalement sur l'épaule de la jeune femme, qui le voyait plutôt comme un emprisonnement sans fin. Elle ne pouvait aucunement faire sa présentation dans ses conditions. Dans tous les "tu préfères" du monde, elle choisirait l'option de quitter ces lieux. Son visage ne reflétait aucune expression, pendant que ses pensées fusaient un peu partout dans son esprit, créant un bordel monstre qu'elle ne pouvait ordonner tant que sa jupe n'était pas lavée, et Swann aussi par la même occasion. Pourtant, à l'idée de décevoir des jeunes en mal de poésie et de liberté, elle ne se voyait pas mentir ou partir. Ses responsabilités qu'elle devait honorer devait être au dessus de ses traumatismes personnels. Elle ne voulait plus être une enfant ne pouvant se défaire de la douceur de la fragilité.

Alors, ses lèvres se soulevèrent légèrement pendant qu'elle serrait les poings.

-"Dans ce cas, je vous suis..."

Chaque pas qui la rapprochait de la salle était bien différent de ceux plein de confiance qui l'avaient amené jusque devant cette foutue machine. La joie s'était littéralement évaporée, et Swann savait déjà pertinemment que ces 20 minutes seraient une torture, et qu'elles allaient très mal se passer. Comment en serait-il autrement? Tous ses plans étaient tombés à l'eau, et son estime d'elle même était passée dans le tuyau avec les restes de chocolat froid. Mais à peine fut-elle devant la salle que Monsieur Abberton ouvrit la porte des enfers-ou de la classe.

-"Bonjour à tous ! Permettez moi d'interrompre le cours comme prévu !"

Encore un peu cachée derrière le grand directeur, -ou peut être était-ce qui inconsciemment s'était faite toute petite- Swann fit finalement un pas en avant, un très très léger sourire aux lèvres. Son regard se troubla davantage en tomba sur le seul qu'elle connaissait. Qu'elle connaissait si bien. Elle aurait pu se perdre sans ses yeux, si son âme n'était pas obnubilé par les tâches sur son postérieur.


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MessageSujet: Re: Throwback to school   Sam 3 Mar - 23:57

ft. REEVES Swann as the troublemaker
Throwback to school ↺
Pour beaucoup de personnes, le fait de pouvoir s’octroyer une ou deux heures de sommeil supplémentaires était synonyme de véritable luxe. C'était une occasion qui vous permettait de jeter aux ordures les ennuis vous encombrant afin d'aborder la suite sous un meilleur jour.

Mais Kyle Heffernan, lui, était différent. Qu'il ait six ou huit heures de sommeil dans le sang ne changeait rien à son quotidien. Il ne se sentait pas plus en forme - ni même plus séduisant. Et le reflet que lui renvoya la glace en sortant de la douche, lui apprit que ses cernes bleutées étaient malgré tout encore visibles. Oui - pour certaines personnes passer une bonne nuit n'équivalait pas à passer une bonne journée, et ce matin là, Kyle s'était levé du mauvais pied.

Sa table de cuisine était envahie de copies, laissées en plan. Il se souvenait maintenant d'avoir laissé rouler son stylo de correction sous le frigo, la veille, avant d'aller se coucher. Génial. Il fit quelques pas et, à peine levé, dut se courber pour passer la main sous le meuble d'électroménager afin de retrouver son précieux bic qui n'avait pas changé de place. Cette gymnastique matinale lui tira une grimace : au moins celui-ci, il l'avait retrouvé.

Il mit de l'ordre dans ses papiers - soupirant lorsqu'il se rendit compte qu'il lui restait une dizaine d'énoncés à corriger. Super - il ne lui restait plus qu'à demander aux Terminales S5 de prendre encore un peu leur mal en patience.

Cette annonce - faites environ deux heures et demi plus tard, fut évidemment assez mal accueillie par l'assemblée d'adolescents. C'était ce à quoi il s'attendait : plaintes, protestations et lamentations. Monsieur Heffernan dut s'excuser à deux reprises pour ce retard afin d'obtenir un semblant de silence. Si les lycéens s'étaient attendus à pouvoir souffler en se contenant de corriger le devoir de la semaine passée, ils étaient pour le moins déçus. Et certains, même dégoûtés.

Le premier bac blanc arrivait bientôt, accompagné de son habituelle hausse de stress - et l'atmosphère était difficilement supportable pour tous. En salle des profs - ça ne parlait que d'interminables sujets à corriger et de prospections de futures vacances. Ce que ne connaîtrait pas, dans les deux cas, l'Irlandais.

Corriger un calcul était simple : on avait bon si le résultat final était juste, faux si c'était erroné. Et un quart des points lorsque la formule et le raisonnement étaient légitimes. Pas de questionnement sur la subjectivité de la réponse, ou sur le cheminement interrogatif de l'élève : en maths, c'était blanc ou noir. On donnait quelques points lorsqu'on voyait que la réflexion n'était pas trop mauvaise. Et c'était ce pourquoi Kyle aimait tant les mathématiques, c'était une science judicieusement exacte.

Et pour ce qui était de souffler en faisant trempette quelque part à l'étranger, c'était sans espoir pour Heffernan. Ses activités extrascolaires ne lui permettaient pas de prendre du repos - et pire que cela, elles empiétaient même sur sa semaine de cours.

Car oui - contrairement à ce que semblait penser cet écosystème scolaire, la vie de jeune homme ne tournait pas qu'autour d'équerres en plastique et de pourcentages de réussite. Sa vie aurait été plus simple si c'était le cas - mais bien moins excitante.

Une de ses règles d'or, justement, le préservait du danger de voir ses occupations secrètes dévoilées au grand jour. Au lycée, Heffernan n'était qu'un prof insipide aux préoccupations toutes aussi ternes. Aussi, lorsqu'un peu plus tôt Madame Worcester - prof d'Histoire-Géographie de son occupation, lui avait reproché sa mine soucieuse, Kyle avait bredouillé une excuse à propos de résultats d'examens catastrophiques avant de prendre la poudre d'escampette, son gobelet de café noir rempli. Il lui avait alors coupé l'herbe sous le pied, ne lui laissant pas l'occasion de s'épancher, elle aussi, sur le niveau de ses classes.

Oui - décidément, la salle des profs était à proscrire pour le moment. L'air y devenait presque irrespirable. Suffocante. Il préférait mille fois l'atmosphère tranquille et ponctuée de bavardages plus ou moins discrets de ses classes.

Retour au présent. Les terminales  s5 semblaient enfin accepter l'annonce : ils devraient travailler, aborder cet obscure nouveau chapitre portant sur la géométrie dans l'Espace aujourd'hui. A vrai dire, ce n'était pas son préféré non plus : les figures étaient parfois complexes à reporter au tableau, et le manque de précision d'un bon nombre de ses élèves rendait plus ardu le travail de correction. Mais malgré tout, malgré l'insolence frôlant parfois l'insubordination de quelques adolescents et l'ennui profond dans lequel le plongeait certaines discussions entre agrégés, Kyle savait qu'il aimait, au fond, ce travail. C'était sans risque - et la fierté qu'il ressentait en voyant comprendre les étudiants les plus démunis n'était pas feinte.

L'heure se passa sans trop de perturbations - l'alarme d'un téléphone mal paramétré perturba bien le milieu de ses définitions, mais elle lui arracha un sourire. Single Ladies - le message était on ne peut plus clair, avait-il pensé en demandant de nouveau le silence après quelques minutes d'agitation.

La seconde fois qu'un élément extérieur vint déranger son cours - pourtant, Kyle perdit tout sourire. A peine avait-il eu le temps de répondre à la porte que celle-ci s'ouvrit, laissant entrer Monsieur Abberton dans sa salle.

Et merde - Kyle se raidit instantanément. Il espérait juste qu'il ne soit pas là pour faire l'annonce d'un nouveau défi-maths : les choses de ce genre était un enfer à gérer tant il y avait triche et énervement.. A moins que le Directeur ne soit là pour venir chercher Jason - le leader de la classe, connu pour ses glorieuses frasques en colle : la scène que cela avait impliqué la dernière fois le suivait encore jusqu'en salle de repos.

- Non, réflexion faite, Heffernan espérait que ce soit bien pour lui - il n'avait eu de cesse de pianoter sur son téléphone pendant l'heure en ne cherchant même pas à se cacher.

« Bonjour à tous ! Permettez moi d'interrompre le cours comme prévu ! »

Ah ? Les sourcils de l'Irlandais se froncèrent devant le ton inhabituellement guilleret du Principal : comme prévu ? Il n'eut cependant pas à s'interroger plus longtemps sur cette parole : une silhouette frêle, qu'il n'avait jusqu'alors même pas remarqué venait de s'avancer. Et ce n'était pas n'importe qui.

Putain de merde. Swann. Le lycée. Son intervention. Le vingt-sept janvier.

Chose rare - ça lui était complètement sorti de la tête. Pourtant, cela n'aurait jamais dû : elle lui avait parlé de ce projet d'initier les étudiants de Bristol à la ferveur artistique il y a de cela quelques mois. Peut-être un, deux, ou un peu plus ? Sur le moment, la date énoncée lui avait paru si lointaine qu'il avait choisi de ne pas plus s'en préoccuper, et d'assurer à son amie qu'il lui céderait volontiers un bon quart d'heure.

Et - évidemment, ce jour avait bien fini par arriver.

Les prunelles sombres du professeur se détachèrent de celles, un peu apeurées, de la brune pour se poser sur le cadran numérique. Trois heures trente-sept de l'après-midi, c'était l'heure.

Abberton et Swann semblaient attendre. Kyle jura intérieurement une dernière fois, avant de se reprendre.

« Ah bien sûr ! J'avais perdu notion de l'heure, mais c'est parfait. Merci. »

Parfait, parfait. Non - rien n'allait. Son amie d'enfance - celle avec qu'il avait côtoyé chaque jour lorsqu'il était lui-même à la place de ses étudiants, était là. Dans sa classe - devant eux. Devant lui. Pas devant Kyle - l'ami avec lequel elle avait brunché il y a à peine deux semaines de cela. Mais devant Monsieur Heffernan - dont le deuxième code d'honneur était de ne jamais amener sa sphère privée au travail.

Et Swann devait être l'un des êtres les plus particuliers de son univers.

Le professeur reposa la craie sur le rebord du tableau, et se raclant la gorge tout en jouant de ses doigts pour bien se faire comprendre, signifia aux lycéens de se lever. Chose - qu'évidemment, personne ne fit dans l'immédiat. Clap - la porte se referma derrière Swann après qu'Abberton l'ait remerciée d'avance pour son intervention. C'était bientôt à elle de jouer - et un nouveau regard lancé sur elle lui apprit qu'elle semblait angoissée.

Mais Swann avait toujours été ainsi - stressée face à l'inconnu. Il savait pourtant qu'elle s'y prenait bien avec les enfants - joyeuse, passionnée, elle savait comme y faire pour les charmer en un instant. Mais se dresser ainsi, devant une classe hostile aux changements et souvent désintéressée d'adolescents, ça avait de quoi perturber le plus téméraire des enseignants.

Tous les regards étaient bien évidemment tournés vers elle - c'est une chose qui ne l'avait jamais dérangé lui, mais il craignait qu'ils ne fassent perdre son assurance à la jeune professeure. L'art - même s'il n'y comprenait pas grand chose, était quelque chose de bien.. et d'abstrait. Et la façon dont Swann lui parlait - toujours avec passion, de telle ou telle exposition lui laissait entrevoir les bienfaits de cette discipline. Il fallait maintenant qu'elle en fasse de même avec toute la salle.

« Tu as tout ce qu'il te faut pour commencer ?»

Heffernan ne fut pas surpris de la voir accompagnée de ce sempiternel sac noir - elle n'avait pas d'autre bagage, mais cette sacoche était énorme. Et bien pratique pour transporter la multitude d'objets incongrus dont la jeune femme ne pouvait se séparer.

Swann s'était approchée du tableau, et sans arrêter son regard sur un endroit particulier de la salle, touchait et triturait le nœud de la veste enserrant sa taille. Des murmures interrogatifs se faisaient entendre dans la salle, tandis qu'elle lui assurait que tout était bon de son côté. Kyle se mit donc à passer énergiquement la brosse sur le tableau en laissant à la professeure le temps de se préparer.

Le tableau noir était recouvert de symboles et d'annotations mathématiques qu'il peinait à effacer. Ses mains étaient maintenant recouvertes de craie - et toussotant pour faire passer l'odeur de poussière, il se rendit compte que des rayures blanches couvraient maintenant le bas de ses manches. Génial.

Il s'adressa d'une voix basse à son amie :

« Je te laisse le tableau, j'en ai pour une..-»

Merde. L'état de sa chemise lui rappela brusquement le toc de propreté de Swann. Il n'y avait pas moyen qu'elle puisse approcher de toute cette poussière sans défaillir.

D'un geste brusque, il referma donc le tableau, qui en se repliant sur lui-même, fit cracher un petit nuage de poudre. C'en était presque.. artistique.

« Tu peux prendre le tableau blanc si tu en as besoin, je dois avoir un stylo..-»

Et merde - déjà le tableau, et maintenant le feutre qui disparaissait. Des rires étouffés se firent entendre dans la salle tandis que le professeur de maths se mettait à trifouiller dans son sac, à la recherche d'un bleu. Il ne se préoccupait plus de l'ambiance de la salle - cela faisait si longtemps que Kyle était habitué à ignorer les chuchotements pestes de ses élèves, qu'il lui semblait maintenant difficile de faire sans.

Quelqu'un lui intima-t-il de regarder dans sa poche ? S'agissait-il simplement d'une voix dans son esprit ? Kyle ne tarda pas à retrouver l'objet et à le tendre à la professeure.

C'était maintenant à elle de parler.. Ou presque.

A présent qu'il faisait de nouveau face à ses élèves, toujours debout, Kyle prit conscience d'avoir totalement abandonné Swann à leurs regards inquisiteurs. Il lui adressa un sourire d'excuse - soulagé de voir qu'elle semblait reprendre quelques couleurs et se râcla la gorge pour demander un peu de silence :

« Et bien, ce sera tout sur les repères vectoriels pour aujourd'hui. Voici Mademoiselle Swann Reeves, qui enseigne à l'Institut des Beaux Arts, au centre-ville. Elle vient ici pour présenter les modules de son cours, ouvert je crois, à toutes les tranches d'âge. »

Il s'effaça pour lui laisser le champ-libre, mais voyant qu'elle restait fixée à sa place, lui fit signe, d'un sourire entendu, de venir le rejoindre.

Ce n'est qu'en retournant s'installer à son bureau, alors qu'il passait derrière Swann, que Kyle prit conscience de l'odeur astringente qui lui piquait le nez depuis un bon moment...
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MessageSujet: Re: Throwback to school   Dim 4 Mar - 2:57

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Maintenant que Swann était on ne peut plus à la vue de tous, tous les regards semblaient lui rappeler son imperfection, qui pour le moment était comme une sensation où l'on grattait sa peau, dépassait les nerfs jusqu'à sentir l'os. Sentant qu'elle avalait difficilement, elle voulu se raccrocher aux yeux rassurants et doux de son ami. Sauf qu'en voyant ses sourcils froncés et son air presque ébahi, lui qui depuis longtemps n'était plus surpris de rien, un doute s'insinua, avait-il oublié? Instantanément la jeune femme regretta de ne pas le lui avoir rappelé hier soir, alors qu'elle avait regardé pendant de longues minutes son prénom dans ses contacts. Ne voulant pas le déranger davantage et étant certaine qu'il se souvenait d'un jour qui était important pour elle, Swann s'était apparemment trompée.

« Ah bien sûr ! J'avais perdu notion de l'heure, mais c'est parfait. Merci. »

Parfait? C'était l'antipode de cette journée. Preuve que sans doute, le pire restait à venir. Mon dieu, elle se sentait encore plus en danger qu'un mouton proche de l'abattoir, la mère de Bambi en entendant les coups de feu,... Être aussi vulnérable, c'était insupportable. Certes, elle essayait de maintenir les apparences et son faciès ne montrait aucun tremblement. Mais ses yeux eux, dévoilaient son âme sans qu'elle ne puisse rien y faire.

Son attention revint sans doute en même temps que les élèves lorsque le professeur se racla la gorge. Sa tête hocha d'elle même quand il lui demanda si elle était prête, alors qu'elle s'avançait vers le tableau. Nerveusement, elle cherchait à extérioriser son appréhension par des petits gestes parasites. En attendant, elle essayait de se remémorer ce qu'elle devait dire, mais aussi comment est ce que l'on respirait. Triturant sa veste, remettant une mèche de cheveux en place, elle savait pourtant qu'il était vain de préserver l'illusion de sérénité. Qu'est ce qu'elle ne donnerait pour que Kyle lui demande de revenir un autre jour, son cours étant trop important pout être écourté...

« Je te laisse le tableau, j'en ai pour une..-»

Se tournant vers lui, elle fit un très léger pas en arrière en fronçant les sourcils. Dans un autre cadre, Swann n'aurait pas réagi de cette manière bien au contraire. Elle se serait approchée, et aurait frotté doucement les tâches elle même, sur les manches du jeune homme, et sur ce fichu tableau noir qui reflétait combien il était noble auparavant, sans ses coups de traits pourtant plus ancrés de sens que lui. Sauf que sortir ses produits d'entretien la ferait passer pour une véritable folle. L'était-elle vraiment?

Touchée de le voir refermer le tableau en se doutant qu'il faisait ça pour elle, l'idée qu'à ses yeux elle soit anormale la froissa néanmoins. Bien entendu, elle savait que ce n'était pas pour ça que Kyle ne l'aimait pas, et ne l'aimerait jamais. Le garçon était bien trop gentil pour ça. Mais ça ne devait sans doute pas aider.

« Tu peux prendre le tableau blanc si tu en as besoin, je dois avoir un stylo..-»

Les rires de la salle la fit se tourner vers ceux qui avaient presque réussi à rester silencieux pendant tout ce petit début de calvaire. Etaient-ils vraiment en train de se moquer de lui? Certes, il avait l'air un peu confus, bien plus que d'habitude, mais ce n'était pas une raison. Ses oreilles perçurent même une insulte, et elle écarquilla des yeux, ouvrant la bouche comme prête à dire quelque chose, avant de se résigner. Ce n'était pas sa seule de classe. Mais elle était plus que surprise de savoir que les choses se passaient de cette manière dans celle de Kyle. Tout sauf un terrain conquis... Finalement, elle attrapa doucement le stylo, en lançant un sourire sincère à son ami. On aurait pu croire maintenant que c'était elle qui essayait de le réconforter, lui qui n'avait sans doute que faire de murmures d'étudiants.

« Et bien, ce sera tout sur les repères vectoriels pour aujourd'hui. Voici Mademoiselle Swann Reeves, qui enseigne à l'Institut des Beaux Arts, au centre-ville. Elle vient ici pour présenter les modules de son cours, ouvert je crois, à toutes les tranches d'âge. »

Pendant quelques secondes, son esprit avait encore divagué. Où ça? Bien entendu, près de toutes les imperfections de l'endroit qu'elle ne semblait remarquer que maintenant, d'abord trop absorbé par ses soucis divers. La table était jonchée de feuilles, sans ordre précis. Les placards étaient tous ouverts de façon ostentatoire. Un garçon à l'aura quelque peu rebelle mâchait bruyamment un chewing gum. Une fille dans le fond avait les cheveux aussi ordonnés que des spaghettis mal cuits. Une trousse là-bas venait de-

Se reconcentrant soudainement, elle remarqua le signe encourageant qui la motiva à faire quelques pas pour se mettre bien en avant, juste devant le tableau blanc, à la couleur parfaitement rassurante. Des arts, elle admirait grandement le théâtre, surtout les comédiens qui sur scène parvenaient à être autres et déclamaient de la profondeur cachée dans de simples mots. Devant son public, Swann ne parviendrait elle qu'à être assez. Mais elle escomptait tout faire pour que ce soit suffisant.

-"Alors, je n'ai apparemment plus à faire les présentations. En effet, vous pourrez faire passer le mot autour de vous, les cours sont proposés à tous les férus d'arts, quel que soit leur âge. De la théorie à la pratique en fonction de ce que vous préférez, nous verrons tous les styles et chacun d'entre vous pourra donner libre court à son imagination. Poterie, peinture, dessin, photographie, il y a tellement de sujets que vous trouverez forcément votre bonheur."

D'un geste peut-être un peu trop brusque, elle se tourna vers le tableau pour inscrire en lettres capitales totalement droites : Andy Wharol. Rapide et efficace, Swann était déjà face aux élèves. En même temps, malgré son visage impassible et son sérieux à toute épreuve, elle pensait toujours à sa jupe. Sa foutue jupe.

-"En ce moment, c'est ce célèbre artiste sur lequel nous travaillons. Que ce soit en critique, copieur ou renouvellement, chacun peut exprimer un ressenti propre. L'art, c'est une manière d'apprendre à vous connaître, et de montrer aux autres qui vous êtes réellement. Ou une partie de vous, intime mais qui ne demande qu'à être exploitée !"

Soudainement moins effrayée en parlant d'un sujet qu'elle maîtrisait, ses yeux brillaient et un très léger sourire se forma devant les inconnus qui lui semblaient moins hostiles. Jusqu'à ce que deux élèves gloussent au fond de la classe. Ne comptant pas se laisser faire pour autant, la jeune femme perdit instantanément cette montée de passion. Même si bien évidemment elle ne cherchait pas à faire sortir l'élève de ses gonds, ce pourquoi elle utilisa un ton doux et mesuré, comme à son habitude.

-"Vous avez des questions peut-être? Ou un point de vue à partager sur l'artiste?"

-"Nan, on estimait juste qu'elle devait être la dose que vous fumiez avant de faire un tel discours. Mais reprenez, je vous en prie Madame."

En entendant tout le monde pouffer autour d'elle, Swann se sentit terriblement déstabilisée. Malgré tout, elle tenta de terminer sa présentation avec logique, même si elle se perdait souvent dans ses mots, ou s'arrêtait en sentant qu'elle perdait un ou deux élèves en route. Mon dieu, jamais elle n'aurait pu être professeur dans un lycée. Collège. Jamais. Pourtant, elle ne ressentait aucune animosité pour les jeunes face à elles. Juste de la curiosité et de l'anxiété. Dans la classe, elle ne trouva personne qui lui ressemblait lorsque c'était elle qui était à leur place. Personne qui ressemblait à Kyle non plus. Qui pourrait bien être aussi gentil, généreux et foncièrement bon de toute manière? Du moins, ça ne pouvait se lire en un regard.

-"Je pense avoir fait le tour du sujet. Au tableau vous trouverez les informations pour me contacter, les horaires de cours et l'adresse du musée, au cas où elle vous aurait échappé. Si vous avez des questions, n'hésitez pas. Je préfère de toute manière quand il y a des échanges, c'est tellement plus agréable et intéressant. Mais par contre, si c'est pour en savoir plus sur ma consommation de drogues, je ne suis pas Amedeo Modigliani, je n'en prends pas, je n'ai pas besoin de ça pour m'inspirer. J'espère que vous non plus... En tous cas, je vous écoute !"

D'abord, à l'idée d'être "interrogé", le silence revint étrangement dans la classe. Tout le monde se regardaient, jaugeant qui oserait lever la main pour montrer de l'intérêt. En S, ce serait peut-être mal vu selon les clichés, qui sait... Mais finalement, deux mains se levèrent. Pointant une au hasard avec un léger sourire, Swann fit mine à l'élève de se lancer.

-"Vous connaissez notre prof de maths non? On dirait en tous cas... Vous êtes sa petite amie? Son plan cul?"

Figé pendant une seconde, les élèves et Kyle purent assister à une montée de température à grande vitesse chez un être humain. D'abord, ses yeux clignèrent légèrement comme si son cerveau traitait lentement l'information dans tous les sens, dans l'espoir d'en tirer un autre sens que celui de base. Les joues roses finirent par prendre la couleur de deux petites pommes bien rouges, pendant qu'elle ouvrit la bouche une fois, avant de la refermer, confuse et terriblement gênée. C'était trop tard, des sifflements et des rires fusèrent dans la classe, pendant que Swann répétait que pas du tout, qu'évidemment non en essayant vainement de rétablir le calme, chez eux comme chez elle.






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MessageSujet: Re: Throwback to school   Dim 4 Mar - 16:24

ft. REEVES Swann as the troublemaker
Throwback to school ↺
A présent qu’il était en retrait, déchargé de son rôle de professeur, Kyle put s’autoriser à souffler. Sa montre – qui avançait d’environ deux minutes, laps de temps précieux quand il s’agissait d’attraper le métro, indiquait trois heures quarante-trois. Il était donc quinze heures quarante-et-une, ce qui signifiait que Swann devrait endurer dix-neuf minutes d’estrade. Endurer était le mot – car si pour lui, cet environnement n'était pas plus pénible qu'un autre, il n'était pas plus laborieux de se faire entendre ici qu'ailleurs, il n'en serait sûrement pas de même pour la jeune femme.

La probabilité pour que cette intervention se déroule sans encombre – c’est-à-dire sans une inattention trop flagrante, sans bâillements cruels à peine voilés et sans petits chuchotements qui, sans forcément porter sur elle, avaient leur dose de malice, était mince. Il ne s'essayerait même pas à une estimation. Mais bon, ce genre de petits incidents étaient sans gravité et pour peu que la professeure ne se souvienne de leurs propres années lycée, ils n'auraient pas trop d'incidence.

Son regard coula sur son amie qui venait de prendre la parole. Son visage était sévère, mais sa voix bien placée et l'illusion devait opérer - Swann, malgré son physique délicat et les pensées les plus folles qui devaient lui traverser la tête, se comportait comme une adulte et affrontait son audience droit dans les yeux.

Le mot qu'elle inscrivit au tableau lui arracha un sourire amusé. Son écriture qui se rapprochait comme aucune autre de la perfection géométrique créait un contraste particulier - celle d'un prof de maths, brouillonne et mal appuyée. C'était une de ses choses qui faisait d'elle Swann. Au collège déjà, lorsqu'il tentait de communiquer avec elle par bouts de papiers arrachés d'un cahier, la jeune femme n'avait jamais pu se contenter d'y répondre simplement. Non. Elle prenait son temps pour choisir les bons mots - hésitante, avant de se concentrer - désormais plus sur ce vulgaire petit mot que sur le monde l'environnant, sur l'angle de son écriture. Oh, il était même arrivé de la voir brusquement déchirer le billet - parce que ce qu'elle avait produit n'était pas à son goût, pour ensuite découper, au ciseau, un autre carré de feuille et recommencer. Il n'était pas rare alors que cela attire l'attention d'un surveillant - mais c'était du Swann tout craché.

« L'art, c'est une manière d'apprendre à vous connaître, et de montrer aux autres qui vous êtes réellement. Ou une partie de vous, intime mais qui ne demande qu'à être exploitée ! »

Le ton de la professeur s'était soudainement allumé et, avec lui, Kyle sentit son anticipation fondre un peu : Swan était maintenant sur sa lancée et il lui semblait que rien ne pourrait alors entacher sa tirade passionnée. Il aimait l'entendre parler - elle, et de façon générale toute personne ayant pour objet de conversation quelque chose d'assez.. abstrait. Il ne comprenait pas tout - mais c'était agréable à écouter. Une voix tranquille qui montait de plus en plus dans une tonalité forte et rapide, de grands gestes l'accompagnant pour illustrer - ou pas d'ailleurs, ses paroles. Subjectivité, droit à l'erreur, personnalité - des thèmes qu'il n’abordait que trop rarement dans son travail, se succédaient - se succédaient comme s'ils étaient pressés de sortir de la bouche de la brune.

Les bras croisés lâchement sur le torse, la tête qui opinait de façon presque machinale à chacune des paroles de Swann, le professeur de maths s'était détendu. Tout ne semblait pas se passer si mal, finalement. L'arrivée de Swann serait peut-être sans incidence.

« Vous avez des questions peut-être? Ou un point de vue à partager sur l'artiste? »

Oh - il avait décroché un instant en sentant son timbre de voix se raidir - quelque chose venait pourtant bien de la faire dérailler. Mais quoi ? Pourquoi Swann venait-elle de subitement s'arrêter, si bien lancée ? Ses yeux passèrent sur la classe - jusqu'à s'arrêter sur l'élève - pas gêné pour un sou, qu'elle venait d'interpeller.

Merde - ce n'était pas une bonne idée.

« Nan, on estimait juste qu'elle devait être la dose que vous fumiez avant de faire un tel discours. Mais reprenez, je vous en prie Madame. »

Du tac-au-tac, petit con. Rembruni, Heffernan laissa échapper un soupir de frustration. C'était un cas classique - l'idée qu'on ne puisse trouver de l'attrait à un sujet qu'une fois bien allumé, et Swann lui avait tendu une sacrée perche. Impuissant, il vit son visage se tendre et ses épaules s'arquer en guise de défense tandis que des rires - cette fois-ci bien audibles, emplissaient la salle. Il n'y avait rien qu'il puisse faire pour aider son amie, dans cette classe, si ce n'est prier pour qu'elle comprenne qu'ici impassibilité était maître de vertu.

Mais c'était peine perdue - Swann ne pouvait pas se montrer insensible. Aussi, lorsqu'elle reprit sa locution, Kyle ne ressentait plus aucun plaisir à l'écouter. Sa voix était plus trouble - et la passion qui l'animait au début, refroidie. Et il ne parvenait plus à faire fi des regards insolents et fureteurs que l'on posait sur Swann - et parfois aussi sur lui, à tour de rôle. Crap.

« Je pense avoir fait le tour du sujet. Au tableau vous trouverez les informations pour me contacter, les horaires de cours et l'adresse du musée, au cas où elle vous aurait échappé. Si vous avez des questions, n'hésitez pas. Je préfère de toute manière quand il y a des échanges, c'est tellement plus agréable et intéressant. Mais par contre, si c'est pour en savoir plus sur ma consommation de drogues, je ne suis pas Amedeo Modigliani, je n'en prends pas, je n'ai pas besoin de ça pour m'inspirer. J'espère que vous non plus... En tous cas, je vous écoute ! »

C'était la façon logique de clore tout entretien, mais Heffernan doutait de la soudaine coopération de ses élèves. S'il s'en souvenait bien, ce cours était le dernier de la journée pour cette classe - ils finissaient à seize heures. Soit dans un peu plus de cinq minutes. Pourquoi retarderaient-ils leur délivrance ?

Le professeur quitta des yeux la maître de conférence pour les poser sur les adolescents. Deux mains finirent par se lever. Une - peut-être intéressée, mais l'autre... Fais le bon choix Swann, fais le bon..-

« Vous connaissez notre prof de maths non? On dirait en tous cas... Vous êtes sa petite amie? Son plan cul? »

Crap. Ca y est, l'attention de la classe entière s'était réveillée. Et ce que craignait Kyle en repérant les sourires mutins des filles du premier rang s'était produit. C'était d'ailleurs loin d'être la première fois que cela arrivait.

C'est ta copine qui t'attend là-bas ?

Ah ouais quand même, chaud..
Mais t'attends quoi ?

Sérieux ? Tout le monde croit que c'est le cas pourtant..

Tu l'as déjà pécho au moins ?
Dommage, on trouvait ça trop mignon..

Mais elle, elle est à fond, non? ”


Ah, tu me rassures, vieux !

Au collège, lycée et à leur première année de fac commune - ils y avaient eu le droit à toutes les sauces. Enfin - il y avait eu droit, lui. Puisque à cette époque, les gens avaient la décence de n'importuner avec ça qu'Heffernan. Et de laisser Swann en dehors de ça. .Swann était Swann - et dieu seul sait comment elle aurait réagi en apprenant ces bruits de couloir. Alors se voir aujourd'hui, called out, de la sorte par des adolescents ayant près de la moitié de leur âge..

Enfin, sûrement de la manière dont elle venait d'accuser le coup : elle s'était figée quelques secondes avant de se mette à rougir - encore et encore jusqu'à ne plus être capable de formuler un son audible.

Il fallait dire que lui aussi n'avait pas réussi à rester impassible. Après tout - un petit con venait encore de perturber le bon fonctionnement du cours. Un quart de minutes s'écoula sans que Swann ne parvienne à reprendre le dessus. Kyle se sentait un peu coupable du malaise qui venait de se passer, et l'état agité de la professeure commençait un peu à l'inquiéter.

Pas le choix, Heffernan devait intervenir. Il se racla la gorge - décidément, il ne faisait que ça aujourd'hui.

« Hum. Bon.. Il marqua une pause, la situation semblait un peu inextricable. Ils ne s'attendaient tout de même à ce qu'il réponde à ça - en sa présence tout de même ? Je ne vois pas ce que cela aurait - emploi du subjonctif, à voir avec l'intervention de Mademoiselle Reeves. De nouveaux sifflements se firent entendre dans la salle - "Il nie même pas, vous avez vu? ". Et il lui sembla même recevoir quelques regards appréciateurs. »

Evidemment qu'il n'allait pas - pour une foule d'adolescents qui pour certains n'avaient pas encore fini de passer par la case boutonneuse, s'épancher sur les détails de sa vie privée - ou même sociale. Putain - il s'agissait de la toute première fois que la pensée que lui aussi, Heffernan le - trop - bon, puisse avoir une vie en dehors de ses théorèmes. Et cela, en plus de ne pas le ravir, l'inquiétait un peu plus que de raison.

Il avait tant œuvré pour être ce professeur sans saveur que l'on se faisait une joie d'oublier une fois le cours passé, que ce brusque intérêt pour sa vie... Le mettait mal à l'aise.

Crap - il venait presque à oublier Swann qui n'avait rien demandé de cela. Il leur restait maintenant - regard vif à sa montre, quatre minutes vingt-sept à officier.

« Il n'y avait pas une autre question ? Sur les détails du cours, cette fois.. »

Sa question n'obtint pas de réponse immédiate. De la bouche de Monsieur Heffernan, elle aurait presque pu sonner comme une supplication. Il se retrouvait face au même mur qu'il rencontrait lorsqu'il s'agissait d'envoyer des élèves au tableau. Sa tentative de diversion venait lamentablement d'échouer.

« Euh, c'était juste pour savoir si vous pourriez écrire votre adresse en un peu plus gros. On voit mal d'ici. »

Une élève du second rang - assez insignifiante, venait de parler en haussant un peu le ton, le doigt levé, pour couvrir les murmures qui animait joyeusement la classe.

Le tableau, oui. Oh snap, le feutre bleu était en fin de vie et se rappeler si il en avait ramené un autre ici - lui qui préférait les craies.

Mais fort heureusement, Swann semblait s'être enfin sortie de son égarement, et sans qu'il n'ait eu le temps d'esquisser le moindre geste, elle s'était approchée de son bureau pour se jeter - le mot était un peu fort, mais la brusquerie était là - sur un rouge. Elle semblait l'avoir repéré depuis déjà longtemps - tant mieux !, et prit alors le temps d'écrire, dans sa géométrie toujours aussi irréprochable, son numéro de téléphone professionnel, ainsi que son mail. Il lui adressa un regard désolé - faute de pouvoir se montrer plus vocal en présence de ses étudiants, et la regarda faire.

Swann en était arrivée à l'arobase lorsque le regard de Kyle - et il en était confus, descendit brusquement sur sa chute de rein. Il mit un instant à comprendre : le nœud qu'elle n'avait eu de cesse de triturer plus tôt s'était défait dans son agitation, et la veste rose gisait maintenant à ses pieds.

L'odeur chloroformée.

La tâche grise - ou plutôt l'immense partie plus foncée du tissu immaculé, ne passa pas inaperçue. Et les quelques œillades qui persistaient jusqu'à alors encore sur lui, avaient suivi avec malice son regard se poser sur la jupe.

Les chuchotements animés - parfois pas si discrets reprirent sous l’œil impuissant, effaré - et un poil amusé lui-aussi, du professeur.

Ô Swann, pourquoi es-tu Swann ?

Il ne savait pas si elle mettait autant de temps à finir au tableau car elle s'était rendue compte de l'incident, mais Kyle eut la clarté d'esprit de réagir promptement. Il se plaça devant la table située au devant du tableau, là où gisaient un vieux projecteur ainsi que son matériel de géométrie. Heffernan prétexta venir chercher un objet et faisant fi des étouffements de rire de la salle, camouflant à présent à moitié la silhouette de la professeure, chuchota :

« Tu peux la remettre discrètement.. »
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MessageSujet: Re: Throwback to school   Dim 4 Mar - 19:31

Herffernan
Kyle
Fake

Reeves
Swann
Real

Throw back to school.



Les mots tourbillonnaient dans sa tête, alors que désespéré elle cherchait vainement à rétablir le calme. Plan cul? Copine? Comment avaient-il pu avoir ce genre d'idées ! Alors que pendant toute leur scolarité elle n'avait rien entendu de tel... pourtant les deux étaient toujours ensemble, inséparables. Même quand elle avait eu un petit ami elle le voyait moins que Kyle, causant sans doute une partie de leur rupture. Comment un petit groupe de lycéens pouvaient en 20 minutes, s'imaginer un tel scénario! Ses sentiments étaient-ils si clairs, bien plus que par le passé?

Soudainement, la jeune femme finit par taper sa main contre la table, pour récupérer l'attention de tous. Quand tous les regards furent poser sur elle, d'un air parfaitement impassible elle nia les rumeurs, leur disant que leur imagination abracadabrante pourrait bien leur servir en art justement, ou en écriture, mais que maintenant il était temps de parler de choses sérieuses. Au lieu d'inventer des relations pour relâcher sa propre frustration d'adolescent paumé parce qu'on arrive pas à sortir avec le canon de l'école. Faut dire qu'elle connaissait bien le sujet.

Malgré cette envie de faire comme énoncé dans le paragraphe précédent, Swann en réalité ne dit rien d'aussi extraordinaire. Pourtant, elle aurait aimé le faire. Mais elle se voyait déjà rougir en niant des faits qu'elle aimerait pourtant tant qu'ils soient réels. Dans sa propre classe, sans avoir le regard de Kyle contre sa nuque, sans cette tâche qui n'avait toujours pas quitté son esprit ou sa jupe, sans ses sentiments amoureux qui venaient balancer son cœur dans les quatre coins de la pièce... Ce n'est pas avec des si, mais avec des sans qu'elle referait le monde.

« Hum. Bon.. Je ne vois pas ce que cela aurait à voir avec l'intervention de Mademoiselle Reeves.»

Comme toujours, c'était le même qui venait la sauver. Certes, il avait montré aujourd'hui qu'il n'était pas exactement le professeur qu'elle avait imaginé, mais ça ne faisait rien. Il était juste d'un autre type, sans doute plus proche de ses élèves. Ainsi peut-être, en se plaçant un peu moins en figure d'autorité, il parvenait mieux à les comprendre et à les aider. Altruiste était son ami, et il l'avait toujours été. D'ailleurs, sans doute pour ne pas envenimer les choses, il n'avait pas nié les faits. Swann se sentait tellement idiote de légèrement être soulagée de ne pas avoir entendu un clair refus, ou de blague du genre "Elle et moi? Vous êtes une petite comique mademoiselle!". Ça ne lui donnait pas d'espoir, évidemment. Mais pas de désespoir non plus.

Quand la voix rassurante concentra de nouveau les élèves sur sa présentation, elle le quitta finalement des yeux. C'était certain que si elle continuait de le fixer comme ça, quiconque aurait des soupçons! Mais elle ne le faisait pas exprès, d'être attiré par cet être solaire. Dire que c'était de la faute de Kyle serait un peu gonflé, mais dire que c'était celle de Swann aussi. Jamais elle ne lui avait demandé d'être un condensé de ce qu'elle voulait et aimait dans la vie.

Son regard ne se reposa néanmoins sur aucun élève. Non, intimidée, elle avait encore besoin d'un peu de temps pour retrouver sa ténacité. Se rappeler ce qu'était qu'être normale, ou du moins en avoir l'air. Est ce qu'à travers ses vêtements et sa peau, il pouvait lire la crasse qui s'y était incrustée depuis déjà des années? Elle avait clairement abandonné l'image de la prof appréciée mais respectée pour ces dernières 5 minutes, mais peut-être que ce qu'elle était réellement pourrait suffire pour que la fin ne soit pas aussi cauchemardesque que le départ? Son attention voulu se poser sur le bureau le temps de pouvoir quitter les lieux damnés, mais vu le fouillis environnent, ça ne ferait que la stresser davantage. Sur une seule chose elle devait se concentrer... là, ce feutre rouge parfaitement droit, et dont le logo ne semblait pas être effacé par l'usure comme habituellement chez ses congénères. Voilà qui occupa son esprit pendant des longues secondes, pendant que sa respiration se calmait.

« Euh, c'était juste pour savoir si vous pourriez écrire votre adresse en un peu plus gros. On voit mal d'ici. »

La voix d'une élève qui semblait tout sauf hostile l'arracha à sa contemplation. Le visage timide, enfin quelqu'un semblait s'intéresser au contenu de son discours. En une fraction de seconde, signe du destin, dans sa main se trouvait le crayon longtemps admiré, et sa mine détruisait la blancheur pure du tableau, mais pour des traits droits et précis qui ne gâchaient donc rien. Pourtant, le troisième e de son nom de famille connut un trait bien plus confus, le bout de cette lettre descendant doucement comme attiré par le sol. Exactement le même cas de figure de sa veste, qui quitta sa taille. Comme un robot en mode automatique, sa main avait pourtant continué à travaillé, pendant que son esprit était ailleurs. Il était au fond de la classe, avec ceux qui se moquait d'une vulgaire tâche sur une jupe qui de base était immaculée. Il était dans les yeux de Kyle, qui forcément était posés sur la fin de la courbure de ses fesses, où tous les regards se trouvaient. Il était dans l'ombre même de cette tâche, qui lui rappelait un couloir, une nuit. Il était diffusé dans tout son corps, cherchant un échappatoire à sa propre condition. Il était dans la sonnette d'alarme, dans le m final de son mail, dans la panique diffuse qui n'arrivait même pas à se matérialiser.

« Tu peux la remettre discrètement.. »

A quoi bon? Swann était souillée, de l'intérieur à l'extérieur, du haut de son crâne à la pointe de ses pieds. Être discrète était vain désormais, car au fond, dans les yeux de ses adolescents jeunes et innocents, ce n'était qu'une tâche. Maintenant, c'était trop tard, tous avaient compris qu'elle était sale. Le stade de la réalisation était passée. Ses mains purent enfin trembler, pendant qu'elle reposa le feutre contre le beau tableau. Oui, cet objet était le seul allié dans cette endroit, car dépourvu d'yeux, il ne la jugeait pas. Dépourvu de crasse, il ne la stressait pas. Longtemps elle aurait pu juste le regarder, mais était on ne peut plus venue l'heure de se retourner. Et son doux héros ne pouvait pas la sauver d'elle même. Le mieux pour le moment était de faire comme si il n'était pas réellement là, la honte en serait peut-être moins grande. Non, elle ne le serait pas. Mais elle pouvait faire semblant.

Se retrouvant face aux élèves sans même avoir ramassé la veste, son visage était dépourvu de toutes émotions. Oui, plus qu'impassible, c'était maintenant tout son corps qui semblait déconnecté. Tout ce qu'elle ressentait c'était la peur et le dégoût. Alors, pour le moment, elle avait préféré ne rien ressentir du tout. Tout ravaler, ne faire qu'un avec sa putain d'impureté. Avec ses péchés. De toute manière, elle aurait toute la soirée pour pleurer.

-"C'est bon, tout le monde a pu noter ..?"

Même sa voix semblait morte dans sa gorge, les mots ne portant pas loin alors que finalement elle se baissait pour ramasser sa veste traîtresse. Était-ce donc ça, qu'avoir la mort dans l'âme? Après avoir enserré doucement ce qui devait cachée une tâche qui maintenant recouvrait tout son corps, et l'avoir remis autour d'elle pour cacher ce qui était flagrant, sa main toujours secouée de légers tremblements attrapa la brosse. Se tournant de nouveau en sentant les regards revenir sur la tâche cachée, quelques allés retours tentèrent d'effacer ses informations personnelles. Tentèrent, car au bout de plusieurs essais, rien ne s'effaça du tout. Reculant légèrement d'un pas, son expression restait de marbre, malgré que le chaos qu'elle ne pensait pas pouvoir devenir pire, s'aggrava dans son esprit. Ça ne pouvait pas...? Collant son doigt sur l’arobase avec force, elle descendit lentement, oui très lentement sans relâcher une seconde son appui. Approchant finalement son doigt de ses yeux, elle ne pu lire que l'apothéose de la seconde pire journée de sa vie. Rougeâtre, l'écriture face à elle n'avait pourtant pas perdu de sa belle. Swann perdait l'esprit, chaque seconde ici la faisait suffoquer. Allait-elle craquer? Son public derrière elle ne semblait attendre que ça. D'ailleurs aucun, d'entre eux ne l'avait alerté sur son erreur. Le propriétaire du marqueur devait pourtant le savoir. Mais pourquoi arrêter le spectacle d'une femme dont la folie lui faisait perdre pieds? Elle ne pouvait en vouloir à personne. C'est elle qui avait voulu venir ici, impressionner l'assemblée et faire découvrir l'art de manière sans doute trop forcée. Ce qu'elle avait découvert elle, c'était sa propre faiblesse affligeante. Tout son être la dégouttait. Non, l'intégralité de cette salle la débectait.

-"Tu peux leur demander de sortir? Le cours est terminé de toute manière."

Jamais sa voix n'avait autant été dépourvue de douceur, s'adressant à peine audible à Kyle. Quand son regard se posa dans ses yeux, pour la première fois elle n'y trouva aucun réconfort. Il lui paraissait loin, alors qu'à à peine un mètre. Était ce elle même qui se renvoyait cette image, ou lisait-elle du dégoût dans ses pupilles? Alors qu'elle allait répéter un peu plus fort, en remettant une mèche de cheveux derrière son oreille, l'odeur du marqueur sur son doigt la frappa, et son autre main vint se poser sur sa bouche pendant que finalement ses yeux retrouvèrent un peu de vitalité. Mais ce n'était qu'un mécanisme de son corps, alors que tout son ventre se tordait. L'aigreur et la brûlure vive qui montaient en elle firent que finalement, elle quitta la scène de sa désolation. D'un coup sec elle ouvrit la porte pour que ces jambes qui courraient l'emmenèrent aux toilettes, où enfin une partie de sa laideur, de sa crasse, de sa saleté et de ses crimes purent se déverser de sa bouche à la cuvette.




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MessageSujet: Re: Throwback to school   Dim 4 Mar - 22:49

ft. REEVES Swann as the troublemaker
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Swann s'était exécutée sans un mot et ne sachant pas trop quoi faire de plus - Kyle était finalement retourné à sa place. Il revenait à son rôle d'observateur, le front un peu plus marqué par la contrariété. L'intervention de la jeune femme touchait maintenant à sa fin, mais elle ne se terminait pas de la plus élégante des manières. En la voyant ainsi, le visage fermé, seule face aux élèves moqueurs, Heffernan sut que s'il avait été difficile pour lui d'assister à la scène, il ne pouvait pas avoir la moindre idée d'à quel point cela avait été difficile - pour elle, de la jouer. Dans la salle, les réactions étaient mitigées - certains souriaient et d'autres semblaient... embarrassés.

Gêné, il l'était également. A présent qu'il voyait ses yeux vides - toute trace de passion et d'enthousiasme envolée, Heffernan commençait à s'en vouloir. Que son premier réflexe en voyant la tâche chloroformée ait été de trouver l'incident, plutôt cocasse. Amusant. D'avoir totalement oublié la venue de Swann ce jour-ci. D'avoir bêtement, lorsqu'ils avaient évoqué pour la première fois son intervention, partagé son enthousiasme, sans penser à la mettre en garde. Et, peut-être aussi, de privilégier sa propre sécurité à celle de son amie.

Alors qu'il découvrit que les coordonnées de Swann resteraient au tableau un peu plus longtemps que prévu, Kyle se fit la réflexion qu'il n'en était même pas surpris. C'était une blague de gamins, une farce qui dix ans auparavant l'aurait bien amusé, lui aussi. Mais à présent que les rôles avaient changé, Heffernan trouvait bien moins d'attrait aux petits dessins laissés à la craie, aux petits objets - comme ses lunettes, qui disparaissaient parfois sans préavis pour réapparaître comme par magie quelques minutes plus tard sur son bureau.

Il voulut faire un pas vers la jeune femme pour lui dire qu'il se chargerait de nettoyer le tableau, mais elle le devança :

« Tu peux leur demander de sortir? Le cours est terminé de toute manière. »

Ce qui suivit acheva de faire monter son sentiment de culpabilité. Un haut de cœur venait de naître dans sa gorge parvint presque à s'échapper de ses lèvres blêmes. Son cœur tout entier s'était raidit et elle peina à déglutir. La bille venait de se former au creux de son estomac. C'était une chose qui ne s'était pas produite sous ses yeux depuis longtemps - plusieurs années sans doute, mais ce fut comme si un torrent d'eau glaciale venait de s'abattre sur lui.

Clac - Swann venait de s'enfuir en courant. Littéralement. Et la classe entière était médusée.

Les troubles compulsifs dont souffraient la jeune femme ne s'expliquaient - ils étaient apparus un jour, et c'est tout. Elle devait faire avec - vivre malgré eux. Une nappe un peu tâchée et ils changeaient de table, lorsque son taille-crayon s'ouvrait par malheureux dans sa trousse, y déversant tous ses copeaux de bois, il fallait qu'elle s'assure qu'ils aillent bien, tous et presque un à un, à la poubelle.

Un après-midi, alors qu'une pluie torrentielle s'était déversée sur Bristol au beau mois de mai, il avait appris que faute d'avoir un parapluie pour se préserver des gouttes, Swann était restée des heures au collège. Confinée dans la salle de surveillance que tous croyaient vidée. La rumeur voulait même que ce soit sa mère qui, s'inquiétant de ne pas la voir rentrer, avaient appelé les forces de l'ordre, lesquels l'avait alors retrouvée assise - ou recroquevillée selon la version, sur les marches de l'établissement.

Depuis il savait que Swann ne sortait jamais sans ombrelle et que son sac, déjà pourvu d'un bon nombre de gels et de produits décapants - il l'avait appris à ses dépens un jour où il avait simplement voulu prendre un chewing-gum, pesait toujours une tonne.

Cela faisait partie des nombreuses caractéristiques de Swann - de ces petites choses qui étaient pourtant lourdes de signification. Ce qui relevait d'un accident banal - d'un incident que le commun des mortels ne prendrait même pas la peine de qualifier en tant que tel, ou d'un objet, d'un minuscule détail ou défaut au côté desquels on passait sans s'en apercevoir - tout cela comptait pour elle.

Et en tant qu'ami, Kyle avait également fait avec. Il avait appris par exemple, le jour de son premier examen, à nouer correctement sa cravate, à faire en sorte que les deux pans de tissus s'arrêtent bien à hauteur égale, car la brune s'était élancée sur lui et avait manqué de l'étrangler en la corrigeant. Il avait également pris l'habitude, lorsqu'ils mangeaient ensemble, de ne pas commander un plat au curry car l'attention de Swann aurait alors été accaparée par les traces fluorescentes de son assiette. Anticiper les problèmes pour leur simplifier les choses - à elle, comme à lui.

Mais ici - alors qu'il était Monsieur Heffernan, alors qu'elle était à cent lieux de s'imaginer du montant de la dette qu'on lui avait encore réclamé la veille, alors qu'il se devait de se protéger lui, Kyle ne pouvait pas tout laisser par terre et à courir à sa poursuite. Avec elle, il fallait faire attention à tout et il ne pouvait pas se le permettre dans l'état actuel des choses.

Les lycéens recommençaient à s'agiter : ils ne comprenaient pas ce qui avait poussé cette foldingue à s'enfuir sous leurs yeux. Commençaient-ils, eux aussi, à se trouver un peu coupables ? Le professeur de maths n'aurait su le dire, et alors même que la sonnerie retentissait au fond du couloir, il leur annonça que la journée était finie. Aucun d'eux ne se fit prier, et il se retrouva bientôt seul dans la salle - sans avoir chercher à leur faire une remontrance. Et sans même chercher à connaître le propriétaire du marqueur.

Pourtant - c'était ce qui aurait été attendu de sa part. Un professeur se devait d'être pédagogue, mais aussi d'instaurer des limites, de garantir le respect. Et à défaut de s'être comporté en bon ami, Heffernan avait également failli à sa tâche. Dans un mois, le fâcheux accident serait certainement oublié de tous - sauf de Swann.

Le professeur, soupirant, se tourna vers le tableau marqué au fer rouge. Comble du sort, il avait fallu que la jeune femme y inscrive son numéro en très - très gros. Et impossible de savoir de quelle place aurait besoin le professeur qui y officiera le lendemain.

L'odeur du feutre mal rebouchonné lui piqua le nez. Une seule solution, pour le moment, s'imposait à lui : il recouvrit l’entièreté des cordonnées de son amie de griffonnage. Il était maintenant impossible de voir ce qui se cachait en dessous - le premier problème était réglé.

Un post-it écrit à la va-vite l'excusa auprès de la femme de ménage et de son collègue. seize heures deux. Il avait normalement cours dans trois minutes avec les spé-maths, mais alors qu'il s'apprêtait à sortir son téléphone pour contacter Swann, il s’aperçut que son immense sac et son manteau noir se trouvaient encore sur la table.

Il ne pouvait pas l'ignorer. C'est pourquoi il se retrouvait deux minutes plus tard devant la porte des toilettes pour filles. Il y a dix ans, c'était en cet endroit sacré que venait se rafraîchir la brune lorsque quelque chose n'allait plus. Il avait d'ailleurs dû, plus d'une fois, s'y immiscer pour s'assurer qu'elle allait bien.

Une bouteille d'eau et un sac à la main, un manteau noir sur l'épaule, Monsieur Heffernan s'apprêtait à pousser la porte des sanitaires féminins en priant pour ne tomber sur aucune de ses élèves - heureusement pour lui, la plupart des cours étaient finis.

Un. Deux. Trois - il enclencha le mécanisme et pénétra dans la pièce qui sentait un mélange de détergeant, de savon bon marché, et d'effluves diverses de parfums. A première vue, il n'y avait personne. Swann n'avait pas répondu à son message - ce qui signifiait ou qu'elle n'avait pas son portable sur elle, ou qu'elle préférait rester seule. Dans les deux cas, néanmoins, il souhaitait la retrouver.

« Swann ? »

Mal à l'aise, sa voix fit presque écho dans la pièce. Il n'entendit aucune réponse - seul le bruit des tuyaux d'évacuation. Elle devait être là - il s'agissait des toilettes les plus proches de la salle, et il la voyait mal s'être réfugiée dans la Salle des profs ou sortir dans la rue dans cet état.

« Je t'ai ramené tes affaires, et une bouteille d'eau. Est-ce que.. ça va  aller? »

"Est-ce que ça va aller" ? Ces mots étaient terriblement mal choisis, et il s'embourbait un peu dans sa phrase. Son mal-être et sa culpabilité continuaient de croître tandis que le silence s'enlisait. Il n'avait jamais vraiment su quoi faire dans ces moments-là, et c'était la première fois que ça arrivait à cause de lui.

Il fit quelques pas et observa les cabines, une à une. Il ne pousserait pas le vice jusqu'à pousser chaque porte afin de voir laquelle d'entre elles était occupée - et il n'allait pas non plus passer la tête sous chaque embrasure. Non - le signe était clair : il lui fallait trouver un loquet rouge ou orange, occupé.

Son entreprise n'était pas dure, et il ne tarda pas à s'adresser à la sixième cabine posant la main à côté de celle-ci à défaut de pouvoir faire mieux et de l'ouvrir. Il se doutait que Swann ne tiendrait pas à l'avoir en visuel de suite.

« Je suis désolé que ce se soit passé ainsi. Ils sont jeunes..Kyle avait l'impression de parler comme un vieux con. Ils ne pensaient pas forcément à mal, et je te promets que dans deux semaines, tout sera oublié. Il se racla la gorge, tentant de chasser l'idée selon laquelle il pourrait être en train de s'adresser à une cuvette. »

Il décida pour commencer de lui tendre la bouteille, encore fraîche, par dessus la porte. Cela ne pouvait lui faire que du bien. Sa technique était la même depuis des années, il tentait de lui faire boire de l'eau - ou toute autre substance pure, avant d'essayer de lui changer les idées.

« Swann ?, tenta-t-il maladroitement, la main toujours en l'air en tentant de meubler le silence. Elle sort juste du distributeur. Tu sais, le coup du marqueur sur le tableau, c'est un classique. J'ai dû tomber dedans au moins cinq fois.. C'est pour ça que je préfère les craies, ça évite ce genre de désagrément et au moins, ceux qui s'amusent à dessiner sur le tableau en gardent la trace sous les doigts. »

Le souvenir pas si lointain de leur bande de copains et d'eux, à la place de ces adolescents, le fit sourire.

« Et y'a pas si longtemps, je crois bien qu'on était comme eux. Tu te souviens ? Les dessins, les mots qu'on s'envoyait à la place des textos, et que tu t'empêchais de cacher avant qu'ils ne puissent te les arracher des mains.. C'est pour ça que je ne leur en veux pas. C'est plus bête que méchant, au fond. »

En partie du moins. Pour ça - et parce qu'il était plus simple de laisser faire que de se prendre la tête avec eux. Car aucune excuse n'était suffisante pour justifier la façon et les mots dont ils avaient qualifié Swann, en sortant. Bande de petits cons.
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MessageSujet: Re: Throwback to school   Lun 5 Mar - 0:44

Herffernan
Kyle
Fake

Reeves
Swann
Real

Throw back to school.


Qui plus qu'une femme qui avait des tocs liés à au désordre et à la saleté pouvait détester vomir? Certes, il y avait cette effet libérateur de se vider de toutes substances qui vous rongent de l'intérieur mais ça restait voir ce qu'il y a de sale en vous se déverser, passant par une bouche qui autrefois était parfaitement et délicatement maquillée. Suffocante, Swann toussait, les larmes aux yeux. Son téléphone dans sa veste vibra, mais il n'y avait aucune chance pour qu'elle lise le message dont elle connaissait de toute manière déjà l'intitulé. Fatiguée, oui, voilà ce qu'elle était. Elle n'arrivait plus à discerner les choses avec raison, et voilà sans doute pourquoi elle était accrochée à cet objet qui avait connu plus de fesses que de têtes, et qu'elle n'avait pas préalablement nettoyé. Prise d'une nouvelle secousse, une nouvelle vague l'empêcha de se relever. Ses crises, c'était l'incarnation de son anormalité. Cette si douce personne, à la bonté sans égal serait sans doute capable de choses terribles pour s'en débarrasser. Pourtant, dès qu'elle avait cette pensée, comment ne pas se sentir d'autant plus mal?

« Swann ? Je t'ai ramené tes affaires, et une bouteille d'eau. Est-ce que.. ça va  aller? »

Tout ce qu'elle voulait maintenant, c'était qu'il s'en aille. Qu'il ne la voit pas. Qu'enfin il cesse de la voir comme un boulet dont on doit s'occuper, une enfant qui apparemment n'arrive pas à grandir. Une petite chose fragile, qui à chaque seconde, menace de se briser. Mais dans ce cas, laissez la éclater en tout un tas de minuscules particules. Oui, Kyle, toi qui toujours a su rayonner autour d'elle, prouvé mille et une fois que tu étais sans défaut. Était-ce à cause de sa perfection que Swann l'aimait?

Sans doute aurait-elle aimé que ce soit le cas. Il aurait été plus simple de lui trouver un défaut et se détacher. Sauf qu'elle l'adorait pour sa mine concentrée quand il ne parvenait pas à résoudre un exercice -mais finissait toujours par y parvenir. Pour cette façon qu'il avait de rêver sans prendre en compte les limites. Pour ce sourire moins charmant qui apparaissait quand il riait aux éclats, son préféré incontesté. Pour cette fois où attrapé par un professeur, il avait  choisi d'avaler le papier plutôt qu'il soit lu. Pour ce jour où simplement il était  venu lui parler pour changer sa vie. Parce qu'il était lui. Alors, pourquoi cette amoureuse éperdue ne voulait pas de sa présence maintenant? Evidemment, personne n'a envie de se sentir abandonné. Mais être appréciée par pitié quand on aime d'amour, elle ne pouvait pas le supporter. Ce qu'elle voulait, c'est devenir assez forte pour lui. Pour elle.

« Je suis désolé que ce se soit passé ainsi. Ils sont jeunes. Ils ne pensaient pas forcément à mal, et je te promets que dans deux semaines, tout sera oublié. »

Evidemment qu'il était venu avec une bouteille d'eau. Comme à chaque fois. Souvent, ce qui l'a faisait sortir, c'était aussi de l'imaginer mal à l'aise devant des filles en train de se maquiller qui devaient bien se demander ce qu'un gars comme lui fichait là. Mais pas aujourd'hui. Non, pour une fois, tout était vide, silencieux et âcre. La pitié ne travaillait pas son esprit engourdit par la crasse. Sa peine à elle était déjà assez difficile à porter. Pour aujourd'hui, rien qu'aujourd'hui, elle ne pouvait pas consoler celle d'un autre. même celle de Kyle.

« Swann ? Elle sort juste du distributeur. Tu sais, le coup du marqueur sur le tableau, c'est un classique. C'est pour ça que je préfère les craies, ça évite ce genre de désagrément et au moins, ceux qui s'amusent à dessiner sur le tableau en gardent la trace sous les doigts. »

Apparemment au moins, les épisodes où sont corps se vidait était terminée. Hoquetant, sa main fébrile chercha son sac. Non. Oh non. Si il n'était pas avec elle, il était donc forcément avec son manteau, et donc avec Kyle. N'avait-elle donc pas d'autres choix que de se confronter à lui? Elle se rappelait encore quand ce matin elle avait traversé la cour du lycée pleine enthousiasme et entourée de courage. Maintenant s'était pleine de saleté et entourée de vomi que Swann se trouvait. Sa main perdue finit tout de même par attraper du papier toilettes pour essuyer sa bouche, et le contour de cette immonde cuvette recouverte de bactérie en tous genres.

« Et y'a pas si longtemps, je crois bien qu'on était comme eux. Tu te souviens ? C'est pour ça que je ne leur en veux pas. C'est plus bête que méchant, au fond. »

Comment ne pas savoir que ce n'était pas de la faute des enfants? Swann se souvenait qu'elle avait bien une ou deux fois, rit de Monsieur Abberton qui à l'époque donnait des cours de français. Ils étaient jeunes et inconscients, et pas rancunière d'une once, elle venait surtout à les envier. Oui, autrefois attablés en salle de classe, les bons moments n'avaient fait que défiler. A cette pensée, la jeune femme trouva finalement le courage de se relever, et de doucement ouvrir la poignée.

Un toussotement gênée accueilli finalement le visage du professeur de mathématique, quand madame Gardner tourna le verrou et laissa apparaître son visage. Très digne malgré la situation, les lèvres pincées, elle tira un peu sur son haut avant d'expliquer comme si il ne l'avait pas déjà remarqué, que le jeune homme semblait s'être trompée de personne. Oh, et que si il s'agissait d'une mauvaise blague, elle était de mauvais goût. Et pour finir qu'il pouvait garder sa bouteille, avant que ses talons claquèrent sur le carrelage pour qu'elle puisse se regarder dans la glace en remettant un peu de rouge à lèvres foncé, et dans l'ordre dans ses beaux cheveux blonds.

Depuis les toilettes des garçons, Swann était sortie depuis à peine une minute. Pourtant, elle était on ne peut plus au courant de la situation dans laquelle se trouvait Kyle. Le message venait forcément de lui, pensa-elle en traversant le hall. En fichant tout en l'air, elle ne se sentait pas de la voir. En ayant vomi, en étant tâchée, sans ses petits produits pour tenter de rattraper le tout, elle ne se sentait pas de sentir son regard sur elle. Finalement, quand elle fit sortie, ayant dépassé le portail de quelques mètres, son téléphone dans la main elle appela un taxi. Dans ses conditions elle ne pouvait pas conduite, elle reviendrait chercher sa voiture plus tard. Quand l'appel rapide fut passé, elle tapa rapidement un message pour son ami :

"Ne t'en fais pas, je vais bien. Je rentre chez moi. Désolée pour tout, et merci d'avoir essayé. On s'appelle plus tard!"

C'est là que finalement, elle avait craqué. Des larmes d'abord, en écrivant qu'elle était désolée. Sincèrement, elle l'était. Puis des sanglots, en se souvenant du regard de Kyle, de sa fuite à elle. Qu'est ce qu'elle ne donnerait pas pour qu'en cet instant il l'a prenne dans ses bras, la console en lui assurant qu'elle n'était pas folle? Tout, elle donnerait tout pour juste une seconde de cette scène surréaliste. Malheureusement, dans la voiture, se ne furent que ses propres bras qui l'entouraient, alors que devant elle le paysage défilait.



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MessageSujet: Re: Throwback to school   Mar 6 Mar - 21:25


17h17. Adossé contre un mur, Heffernan attendait patiemment que son métro arrive. Même s'il lui faudrait encore corriger quelques copies en arrivant, il était soulagé de savoir que cette journée touchait maintenant à sa fin. Tout était allé de mal en pis : ce réveil du mauvais pied, les élèves récalcitrants au travail, intervention inopinée de Swann, et pour finir l'accident des sanitaires féminins.. Ce dernier instant étant encore frais dans sa mémoire, il refusait purement et simplement d'y repenser.

Il sortit son téléphone pour consulter une nouvelle fois les horaires, histoire de s'assurer qu'il n'aurait plus longtemps à supporter le froid... et les regards circonspects. En effet, la vue devait être assez risible : un homme  qui se pavanait avec un manteau de femme et un sac à main sous le bras en pleine heure de point, ça ne devait pas courir les rues.

Car contrairement à ce qu'il avait pensé, elle l'avait planté au lycée, laissant tout effet personnel bien derrière elle. Il avait reçu un plus tôt alors qu'il montait, presque quatre à quatre, les étages pour rejoindre ses élèves, un message qui lui signifiait que tout allait bien et qu'elle rentrait simplement chez elle.

"Je vais bien" - un mensonge éhonté, comment est-ce que cela pourrait être le cas ? Swann s'est enfuit en courant de la salle. Et puis qui se donnait la peine de préciser qu'il allait bien, lorsque rien ne laissait présager du contraire ?

Tilt. Et puis comment a-t-elle fait pour rentrer chez elle, alors que le sac contenant très probablement argent et clé se trouvait dans sa main ?


Tu es chez toi ? Mais ta voiture, tes clés ? 

Attends, me dis pas que ce sac que je me trimbale dans toute la ville et qui pèse une tonne ne contient vraiment.. qu'une tonne de produits ?
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MessageSujet: Re: Throwback to school   Mer 7 Mar - 11:55



Peut-être que n'aurait pas du réagir comme ça, et chercher à rentrer avec sa propre voiture en se confrontant à son ami. Pourquoi Swann éprouvait-elle quelques regrets soudain? Peut-être parce que son chauffeur venait de mettre une musique d'un rappeur étrangement populaire ces temps-ci en mettant la volume au delà de la limite de la raisonnable. Peut-être aussi parce qu'il avait accepté de prendre un deuxième passager qui souhaitait se rendre dans le même quartier qu'elle. Le souci n'était pas là bien entendu, mais l'homme maintenant à côté d'elle sortait sans aucun doute d'une grosse journée de travaux, vêtements sales et plein de sueurs pendant qu'il téléphonait bruyamment en rebaptisant le siège devant lui de nombreux postillons. Alors, quand la voiture fut coincée dans les bouchons à deux ou trois rues de chez elle, elle donna rapidement l'argent en ouvrant la portière pour presque bondir hors du véhicule des horreurs. Soupirant, elle avança donc en se sentant bien vidée de son énergie, les yeux encore rougis.

Arrivant finalement devant son appartement, la jeune femme sortit son double de clefs. L'organisation n'était certes pas son fort, mais pour une fois son petit récapitulatif de quoi emmener avant de partir avait été utile. Si elle avait pris les deux, c'était tout simplement parce qu'elle pensait que peut-être Kyle voudrait venir boire un café chez elle après qu'il eu donné tous ses cours. Pour qu'ils discutent de combien c'était bien passée la présentation. Et que ce serait plus simple qu'il ai les clés car elle n'entendait jamais la sonnette mais fermait tout de même par sécurité.

Quand enfin elle fut douchée, rhabillée, deux machines à la suite lancée pour sa jupe, enroulée dans un plaid sur le canapé dans son appartement si peu personnel mais parfaitement rangé et nettoyé, Swann attrapa la télécommande pour lancer netflix en prévoyant de ne plus jamais quitter ce douillet endroit. Pourtant, elle se demandait toujours en ignorant cette pensée si Kyle allait bien. Ça devait être la première fois depuis toujours qu'elle le laissait ainsi en plan. Roulant jusqu’à l'autre côté comme un gros burrito, sa main attrapa finalement son portable. Deux sms non lus, reçus il y a deux heures environ.

Se mordillant la lèvre, elle finit par reposer son téléphone en remettant son émission. Rien ne semblait bien urgent, évidemment qu'elle était chez elle. Tant pis pour sa voiture. Sa carte bancaire, elle irait la chercher plus tard aussi. Son sac connaîtrait le même sort avec tous ses produits et-

Reprenant vite son téléphone elle relu rapidement le second message avant de taper sur son clavier plus vite que jamais. Faites qu'il ne regarde pas dedans. Putain de merde. Journée de merde. Putain.

Je suis fatiguée j'ai préféré rentrer. Double de clefs. Dans le sac il y a des produits, mon porte-monnaie, mes clefs de voiture, d'appartement et des photos. Je peux venir chez toi ou viens, mais j'aimerais le récupérer vite désolée de te demander ça. Si tu ne réponds parce que tu dors, tu m'en voudras de passer quand même? Même si en l’occurrence tu ne répondras pas du tout du coup.

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Throwback to school

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